© Thomas Bregardis/archives ouest-france

Dès le Moyen Âge, les premiers habitants de Saint-Malo s’installent sur un îlot rocheux, entouré par la mer. Cette position stratégique, qui la rend naturellement défendable, leur permet de se protéger des attaques terrestres, notamment lors des périodes troublées. A cette époque, Saint-Malo n’est qu’une île de l’estuaire de la Rance reliée à l’île de Cézembre et au continent (Paramé) par des cordons de sable qui s’inscrit dans un vaste polder de 450 hectares qui a été progressivement asséché. Mais si la mer fait office de rempart naturel contre les ennemis, elle devient aussi une menace. En effet, la ville est célèbre pour avoir les plus grandes marées d’Europe, avec des écarts de plus de 13 mètres entre marée haute et marée basse (plus du double de la moyenne atlantique).
Cette spécificité crée des risques importants d’inondation, d’érosion et de submersion, notamment lors des grandes marées combinées à des tempêtes. C’est ce double visage de la mer : alliée et ennemie, qui a façonné la ville.
Gravure de Saint-Malo au temps de la duchesse Anne (vers 1500)
Gravure de Saint-Malo au temps de Jacques Cartier (XVIe siècle)
Gravure de Saint-Malo au temps des Terre-Neuvas (vers 1900)
Pour faire face à ces dangers, Saint-Malo s’entoure de solides fortifications dès le XIIᵉ siècle. Au fil des siècles, ces remparts seront renforcés, notamment sous le règne de Louis XIV, grâce aux plans de Vauban et de Garangeau. Ils sont construits en granite, une pierre locale très résistante, et directement ancrés dans la roche. Cela permet à la ville de résister à la fois aux assauts militaires, mais aussi aux vagues puissantes des grandes marées.
Ces remparts font aujourd’hui partie du patrimoine historique de la ville, mais ils ont longtemps servi de première ligne de défense face à la mer.
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Saint-Malo ne s’est pas seulement protégée avec des remparts. Son port, ses quais, ses digues et ses forts extérieurs (comme le Fort National ou le Fort du Petit Bé) sont eux aussi conçus pour faire face aux conditions marines extrêmes. À l’intérieur des murs, les rues sont étroites et les maisons construites les unes contre les autres, souvent sur plusieurs étages, pour mieux résister au vent et limiter l’exposition directe à la mer. L’ensemble montre une adaptation du bâti au climat local et aux risques liés à la mer.
Le territoire de la commune présente essentiellement deux types de terrains qui se différencie par la nature de leur sous-sol et leur relief :
D’une altitude moyenne de 30 m NGF, elles sont formées par le socle rocheux que l’on rencontre au niveau des falaises de Rothéneuf, de Paramé, de Saint-Servan ainsi qu’au niveau du promontoire sur lequel est implanté la cité intra-muros.
Une zone basse et globalement plane (d’une altitude de 4m NGF) est constituée d’alluvions et de sable, correspondant à un ancien marais asséché. Cette dépression, qui s’étend sur environ 450 ha et qui se trouve en-dessous du niveau de la mer, est protégée au nord par un cordon dunaire établi entre la pointe de Rochebonne à l’est et le promontoire rocheux de Saint-Malo (vers l’ouest). Elle est également limitée par les falaises fossiles de Paramé et de Saint-Servan au sud. C’est ce secteur, sur lequel résident environ 16 000 personnes, qui est susceptible d’être inondé par un évènement de marée significatif, type submersion marine.
Saint-Malo est la commune bretonne la plus exposée à la submersion marine selon l’Observatoire National des Risques Naturels, tant en termes d’habitants concernés que de bâti vulnérable (plus de 117 ha). En effet, le littoral, fortement fréquenté, s’est urbanisé rapidement, de plus en plus près de la mer, rendant le territoire davantage vulnérable aux risques maritimes. C’est pourquoi, au XIXᵉ et XXᵉ siècle, les risques liés à la mer sont devenus une priorité. S’ouvre alors une période de grands travaux (fixation du trait de côte, poldérisation, aménagement portuaire) au cours de laquelle vont être construits et aménagés des digues, des écluses et des ouvrages de protection pour protéger les quartiers bas de la ville d’une part (Saint-Servan) mais aussi pour protéger les quartiers balnéaires.
Pour protéger le secteur dit en zone basse qui concentre une forte urbanisation, deux systèmes de protection se conjuguent :
Vous pouvez consulter les pages de ces sites internets dont sont extraits les informations de cette page :

Aujourd’hui, Saint-Malo doit faire face à des défis nouveaux et plus globaux : la montée du niveau de la mer, l’augmentation de la fréquence des tempêtes, et le dérèglement climatique. Ces phénomènes rendent le risque de submersion marine plus important, notamment lors des grandes marées ou en cas de tempête violente. Même si la ville a su se protéger dans le passé, les enjeux actuels exigent une nouvelle manière d’agir et de penser l’aménagement du territoire.
C’est dans ce contexte qu’intervient le Plan de Prévention du Risque de Submersion Marine (PPRSM) de Saint-Malo qui identifie les zones les plus exposées et fixe les règles à respecter pour protéger les personnes et les biens (enjeux exposés et vulnérables). Il interdit ou limite certaines constructions dans les secteurs vulnérables, impose des normes techniques (hauteur minimale des planchers, création d’une zone refuge, interdiction de pièces à vivre en rez-de-chaussée…) pour les constructions autorisées sous conditions.
